La connaissance, c'est le pouvoir : Grand débat et savoir populaire

Le grand débat, pour marcher, doit être un grand apprentissage. Les gens doivent apprendre, comprendre comment le système fonctionne, lire quelques articles d’économie, s’équiper de données, de chiffres, être pragmatique. Le peuple doit continuer à acquérir du savoir sur le système, comment il fonctionne, pour en déduire des décisions rationnelles et intelligentes, juger les réformes avec sang-froid et humilité. Il faut réfléchir, prendre son temps, et encore une fois, apprendre et comprendre. Se documenter. Pour ne pas se faire enfumer, on doit avoir du répondant sur le fond. Ne pas s’arrêter à la presse, mais se faire son propre avis en allant directement à la source des informations, lire des articles sur cairn par exemple, aller voir les rapports des ministère, du sénat, des experts, de la cour des comptes, prendre le temps, vraiment. Ne pensons pas que tous les chiffres et tous les documents sont faux, ce n’est pas vrai. Ce sont les médias qui ne les font pas parvenir au peuple.


Durant le grand débat, les gens devraient par exemple amener des documents pour appuyer ce qu’ils proposent. Des graphiques, des rapports faits par des experts au gouvernement, des lois identifiées, des articles d’économistes (et non des citations de journalistes économiques médiatisés, ou d’éditorialistes). Faire ça sérieusement. Ne pas balancer des idées en l’air, mettre à distance l'argument ad personam (article lié ici), construire des raisonnements. Cela s’apprend, et si on veut réformer intelligemment le système, il faut apprendre.


Moi, et je ne pense pas être le seul, si on est sérieux deux minutes, je me sens un peu dépassé, comme les personnages que je peins sont dépassés par leur environnement (article lié ici). On ne comprend pas tout du système, il y a des zones d’ombre, forcément. Ne me faites pas croire que vous sauriez comment faire si vous étiez président, que vous avez compris comment fonctionne l’économie d’un pays, le système législatif, les procédures administratives, les contraintes internationales, les chaînes d’implications des réformes. Et c’est normal ! Personne ne nous encourage à apprendre. Je ne dis pas du tout qu’on doit tous devenir juriste, mais faire quelques efforts, même pas énormes, essayer, lire des papiers de temps en temps. Prendre une heure un soir pour naviguer sur le site de l’assemblée nationale, où il y a des ressources qu’on ne nous indique jamais. On doit se renseigner, vraiment, arrêter de se faire dicter quoi penser. Personnellement, je pense que je ne serais pas en mesure de prendre des décisions efficaces dans tous les domaines de la politique. C’est pour cela qu’il est nécessaire de s’unir et s’écouter. Un exemple tout bête : la légalisation du cannabis. On peut être pour ou contre, mais il y a des arguments des deux côtés. Je ne sais pas combien ça coûterait, combien ça rapporterait, si on peut penser une légalisation qui se tient économiquement, je ne sais pas s’il y aurait toujours du trafic, quel forme il prendrait, je ne sais pas si au niveau administratif c’est difficile et long et je ne sais pas à quel point c’est prioritaire. Je n’ai pas les chiffres, je ne peux que spéculer, supposer. Ce n’est pas suffisant pour avoir un avis définitif, et prendre une décision à l’échelle d’un pays. Beaucoup d’autres sujets sont comme ça, pour nous tous. Cependant, certains ont des spécialités, des sujets qu’ils connaissent. Il faut essayer d’être objectif et les écouter, ils nous écouteront sur les sujets que nous connaissons. Aussi, il ne suffit pas de présenter son exemple individuel pour légitimer une décision. Il faut du pragmatisme, il faut étudier, penser à tout le monde et arriver à dépasser ses intérêts personnels, faire au mieux pour que tout le monde s’en sorte.

Oui, je me répète un peu, mais c’est essentiel et personne ne le dit. N’oublions pas que la connaissance, c’est du pouvoir.