"Prise de conscience collective" : une excuse pour le gouvernement

Le lieu commun : « l’écologie doit bénéficier d’une prise de conscience collective pour changer les choses. »


Les gouvernants cherchent, plus ou moins consciemment, à culpabiliser la population sur le réchauffement climatique. On nous fait croire que la solution doit venir d’une « prise de conscience collective », qu’il faut éteindre la lumière quand on sort d’une pièce, fermer le robinet quand on se brosse les dents, trier nos déchets… et que finalement, si nous n’arrivons pas à faire face au changement climatique, c’est à cause de nous. En vérité, le collectif, c’est l’État qui en est le garant. Ceux qui parlent de « prise de conscience collective » jettent, en fait, la responsabilité sur les individus. Ainsi, celui qui fait des efforts pourra se sentir valorisé, gonfler son égo en ayant l’impression de faire quelque chose, d’être utile, et que ça suffit puisque si tout le monde faisait comme lui, le monde se porterait bien mieux. Le gouvernement n’est pas remis en question. Celui qui ne fait pas ces gestes ou qui ne peut pas les faire se culpabilise, intériorise sa responsabilité dans le drame mondial, ou devient fataliste quant à l’avenir de la planète. Le gouvernement n’est pas remis en question. On nous donne l’illusion que c’est nous qui avons le pouvoir, et que les pouvoirs publics n’en ont, finalement, pas tant que ça.


Qu’on se le dise : même si demain, chaque français triait ses déchets et fermait le robinet du lavabo, ça n’aurait pas d’impact ! Pourquoi ? Ce qui a accéléré le réchauffement climatique, c’est avant tout notre système industriel capitaliste et la surconsommation. C’est donc aux gouvernants d’agir, avec des réglementations, des lois, des financements de recherches, des taxes ciblées, en revoyant nos systèmes de production, en évitant le gaspillage (1/3 de la production mondiale de nourriture), en recyclant efficacement (développement de l’économie circulaire par exemple). Tout cela, nous le peuple, ne pouvons pas le faire. Bien sûr, les initiatives locales sont bonnes à prendre. Elles contribuent à faire évoluer les choses, mais pour passer à échelle nationale et a fortiori mondiale, il faut un pouvoir politique et des investissements, une législation, une coordination entre les différents acteurs pour garantir l’équilibre de la vie sociale.

Notre action sur le réchauffement climatique doit donc se trouver sur le terrain de l’engagement et de la lutte politique.